|
Les
débuts
LA SOCIÉTÉ DAHOMÉENNE DU CINÉMA (1961-1974)
En restant dans l’esprit des accords de coopération signés entre la France et ses anciennes colonies devenues indépendantes, le ministère français de la Coopération, incita les quatre sociétés de la presse filmée française à l’époque (Actualités Françaises, Éclair, Gaumont, Pathé) à s’associer pour en créer une cinquième qui agirait en direction de l’Afrique. Ainsi naquit le fameux Consortium Audiovisuel International.
C’est grâce à ce consortium qu’au Dahomey, la Société Dahoméenne du Cinéma (Sodaci) s’est chargée des actualités filmées. A sa naissance, la Sodaci ne disposait pas de cadres formés spécifiquement pour le cinéma. Cependant, elle a été le premier creuset où ont été formés des techniciens qui marqueront de mains de maître, l’histoire du cinéma au Bénin. En effet, les accords passés entre le Consortium Audiovisuel International et la Sodaci l’ont été sur des bases commerciales à l’instar des autres pays. Ainsi la France prenait en charge 50% des frais de production des actualités dahoméennes et percevait la moitié des recettes correspondantes.
En 1963, la Coopération française conçut un autre mode d’intervention en faveur du cinéma africain d’expression et de « créations libres ». Il s’agissait d’ouvrir un budget permettant l’acquisition des droits cinématographiques non commerciaux des films africains, à l’effet de leur assurer une diffusion promotionnelle, d’une part en Afrique par l’intermédiaire des Centres Culturels Français, d’autre part en France par l’entremise de la cinémathèque de la coopération française. Cette initiative stigmatisa dans une certaine mesure les déficiences du secteur commercial tenu notamment par la Comacico et la Secma qui s’obstinaient à ignorer le cinéma des Africains. Plus tard, le système évolua vers des formes plus professionnelles. Ainsi au lieu d’acheter les droits des films, après réalisation, le ministère français de la coopération s’engagea à les acquérir dans certaines conditions avant tournage, en préfinancement.
Face à ces diverses initiatives françaises en faveur du développement du cinéma en Afrique francophone, le Dahomey n’a pas été très entreprenant pour se donner les moyens de se frayer des pistes par l’avènement d’une véritable industrie cinématographique, à l’instar d’autres pays pourtant moins nantis. Cependant, au-delà des actualités hebdomadaires qui étaient diffusées dans les salles de la Comacico, et grâce à son programme de projections ambulantes dans les zones rurales, la Sodaci a certainement fait œuvres utiles en aidant le premier cinéaste Pascal Abikanlou, à réaliser de manière professionnelle sur support photochimique 16mm, entre autres, « Ganvié mon village » ; « De l’eau et de l’ombrage » ; « Opération SONADER » ; « Escale au Dahomey » ; « La Fête de l’Igname » ; « Premières offrandes ».
En Février 1974, la Sodaci était pratiquement morte pour des raisons financières, de planification rigoureuse et de vision prospective du développement industriel du cinéma. La Comacico, quant à elle, en trente ans d’exploitation commerciale au Dahomey n’aura physiquement laissé que deux salles couvertes (Vog, Le Bénin) à Cotonou et une salle ouverte (Rex) à Porto-Novo.
François
Sourou Okioh Cinéaste Indépendant.
|
|
Radio l Nouveau l Opportunités l Annuaire l Afrique l Jeux l Cuisine l Chatroom l Les fabriques l Pages perso l Réplique africaine l La chronique de Huenumadji Afan l Au fil du temps Copyright © 2005 CASA
Concept Tous droits réservés.
|