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L'art médical, représenté au Dahomey par quelques vénérables personnages, est un legs précieux, un patrimoine que les professionnels n'attribuent qu'aux plus intelligents et aux plus réfléchis de leurs enfants. Ceux qui bénéficient de cet inestimable héritage portent le nom de Amawato, l'homme qui observe et exploite les plantes.

La médecine, en effet, est essentiellement végétale au Dahomey. Les poisons, les antidotes, les médicaments, sont tous extraits des plantes. Les Amawato ont des propriétés thérapeutiques des simples, une connaissance expérimentale et en exploitent les feuilles, les fleurs, les fruits, l'écorce et les racines avec une dextérité hors de doute. Les principales parties d'une plante sont administrées sous les formes les plus diverses: décoction, infusion, calcination, pulvérisation. Le praticien noir attribue sa science au « génie de médecine ) appelé Aziza et cherche à s'entourer de mystère; à cet effet, il accompagne son ordonnance de quelques prescriptions insignifiantes: ajouter un crâne de singe, une pierre, un coquillage, à une décoction; faire certains signes cabalistiques avant de prendre une drogue, comme si à ces objets ou à ces signes appartient l'efficacité du remède.

C'est un fait qu'il y a des maladies qui se limitent à certaines régions du globe et qui affectent des symptômes pathognomoniques inconnus. En raison de leur caractère particulier et local, elles demandent 'parfois plusieurs années d'une observation ininterrompue avant qu'il soit possible d'en faire le diagnostic exact et d'y opposer une prophylaxie appropriée. L' Amawato connaît la plupart de ces maladies, tandis que le temps matériel d'observation fait souvent défaut au médecin européen continuellement absorbé par les maladies plus courantes, incapable, à cause du climat, de prolonger son séjour au delà de trois années. Il découle du fait que, quelques préjugés qu'on ait contre les apparences mystérieuses des remèdes de l'Amawato, les éléments qui les composent sont suffisamment garantis pour qu'on ne les dédaigne pas.

Les Amawato guérissent couramment la dysenterie (Ziittin) (1), la colique sous ses diverses formes, la migraine (Ta-dou), la jaunisse (Nou-jiton), le « coucou » (rate), l'angine, la folie prise au début, le rhumatisme (Iôgbôzô) ; ils utilisent les vertus laxative, astrictive et dépurative des plantes, pratiquent le remboîtement, la sudation artificielle, font des ventouses simples et scarifiées, provoquent la maturité des abcès, soignent les morsures de serpent, exercent un rudiment de chirurgie.
L'outillage est nul ou à peu près: les ventouses se font avec des gourdes ou des cornes de bêtes; les opérations chirurgicales (incision, scarification) se font avec une lame ou un tesson de bouteille. L 'hygiène des plaies laisse particulièrement à désirer .

(I) La feuille du goyavier, employée en décoction, est un remède efficace contre la dysenterie. La consultation par le « Fâ-kouin » se fait surtout au moment des grandes cérémonies du Fâ. Le Bôkonon, sur un plateau de bois saupoudré de craie, inscrit huit fois, en deux rangées, un ou deux traits verticaux selon que, essayant de recueillir d'emblée huit « Fâ-kouin » contenus dans sa main gauche, il en reste deux ou un. (Remarquer le rapport inverse des « Fâ-kouin » et des traits.) des « Dou-ta» et des « Dou » entraînent des explications enchevêtrées ou la prédiction du bien suit de près un malheur redoutable. ", Quelques événements coïncidant fortuitement avec les prévisions du Fà impressionnent si vivement le païen que, détaché de ses superstitions, il conserve sa croyance au Fà et à ses prédictions.

Le Fà est friand de l'igname, de l'huile de palme, du brochet fumé; l'assaisonnement au sel et au poivre lui chatouille particulièrement le gosier; il n'y a que le piment que son Excellence le Fà ne semble pas rechercher. Le « Kpoli " et le « Gbadou " tiennent lieu de Fà et en exercent les fonctions chez les grands personnages. Les personnes consacrées au Fà portent le nom de: Fanou, Fassi, Fadjo Fahouégnon, Fadonougbô,...

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