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Bain de Jouvence

 

On prend beaucoup de plaisir à regarder les créations de Syl. Pâris. Kouton. Ce jeune plasticien, peintre et sculpteur à la fois, a compris que la force et la grandeur d’un art ne résident pas forcément dans la surcharge, la complexification qui rendent souvent difficile la communication. Sa peinture en est la meilleure illustration. Elle nous ramène aux commencements, entendez à la source. Les aplats de couleur en sont vraiment et leur association ne fait rien d’autre que de nous inviter à poser   un regard de même nature entendez  simple sur ce qu’il nous offre à voir. Il est hélas vrai que nous avons perdu l’habitude de tant de simplicité, de candeur et de fraîcheur. Pour le regard, presque toutes les couleurs jouent ici le jeu de la vérité. Elles se combinent sans se heurter et lorsque la nécessité s’impose, se dégradent pour nous ramener, la plupart du temps, dans la culture locale, dans l’ici et maintenant. Elles acceptent de composer, dans les collages par exemple, avec d’autres matière tout aussi vivantes, fortes de couleurs, riches d’une autre histoire qu’elles racontent, d’un autre dialogue qu’elles nous proposent. La symphonie ainsi créée s’étend et les contrepoints de la ligne mélodique rendent l’œuvre plus forte.

 

Dans cette approche, l’homme n’est plus le centre de l’univers. Il est au contraire comme contraint de composer avec lui et sans se laisser écraser, retrouve  une de ses dimensions anciennes l’humilité qui n’est pas bien loin de la simplicité et la permet.

         

On dit souvent que l’art contemporain est universel. Cela est sans doute vrai de tous les créateurs de notre temps, mais cela l’est encore plus de cet artiste qui ira loin s’il s’en donne les moyens. En effet, dans toutes les civilisations, dans toutes les cultures du monde la couleur n’est-elle pas présente ? Bien sûr des règles ont été ‘‘ inventées’’ pour leur association : elles doivent d’abord plaire au regard et ainsi conduire le regardant à aller vers d’autres horizons au-delà des sens et de l’immédiat. Ici et là, leur symbolique peut varier. Mais de façon transversale, le regard ne sait pas les ignorer et c’est comme spontanément que nous établissons le dialogue avec elles. A vrai dire, c’est à un bain de jouvence, par la couleur que Syl. Pâris. Kouton nous invite.

 

A l’évidence, le jeune artiste est polyvalent et nous propose aussi des sculptures. La présente ‘‘livraison’’ s’appuie sur des chaussures. Conçues au départ pour la protection et le confort des pieds, rudimentaires souvent, le temps qui toujours fait les choses les a fait accéder à une place plus noble dans l’habillement devenu dans l’ensemble un excellent moyen de se faire voir, d’exprimer son statut social  et même ses fantasmes.

 

Syl. Pâris. Kouton dans son approche, a décidé de nous les faire voir vraiment. Il les a fait montrer du bas vers le haut pour ainsi dire. D’utilitaire, la chaussure en devient une œuvre d’art. La transformation que l’artiste nous propose, la transforme en un masque, couvre chef dans nos cultures, relais du sacré.

 

Des yeux  suggérés par des cauris une bouche largement ouverte, des couleurs qui rappellent les maquillages et parfois un genre… La variété des formes et des matières, une transformation minimale gardent à chacune des pièces sa spécificité qui n’est pas sans faire penser à la diversité ‘‘morphologique’’ de notre espèce où chacun peut s’exprimer ; pluralité  des parole et des voix, complémentarité des propos qui font la richesse de notre monde.

 

Ici, l’artiste a repris un discours globaliste : celui de la récupération. Il nous redit qu’il est bien de son temps, de notre temps. Qui peut le lui contester ? Mais il nous dit aussi qu’il porte sa capacité de création dans le regard qu’il porte sur le monde, la matière et les formes qui l’entourent pour nous inviter à l’évasion. Larguons les amarres, et que le vent du large nous emmène avec lui : Il porte la fraîcheur qui nous rajeunit.   

 

Joseph C E ADANDE

 (Historien de l’art)

Oeuvres de Syl. Pâris. Kouton


Battre la campagne pour chasser les mythes !


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Révision : 21 janvier 2006 .

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