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REGARD
SUR LA CINÉMATOGRAPHIE BÉNINOISE
Les
débuts
Le Cinéma a été introduit au Dahomey (Bénin actuel) avec la colonisation.
Les premières projections des photographies animées à l’aide d’un cinématographe
– appareil inventé par les Frères Lumière – ont été introduites en 1923
par Nègre Garidou, un expatrié français, au quartier Dégué-Gare à
Porto-Novo. De Campos aménagea ensuite le rez-de-chaussée de son domicile au
quartier Sadognon, toujours à Porto-Novo, pour la projection des dessins animés
destinés aux enfants. Jean Avognon, à l’aide de sa projection 8mm commença
l’animation du Cercle Amical Daho, situé dans la Résidence du Gouverneur,
cadre qui regroupait les français et les « évolués » de l’époque.
Vers 1933, l’exploitation commerciale du cinéma s’affirma avec l’arrivée
de la Société d’Exploitation Marcel Archambaut. Cette nouvelle société
disposait de points de projection de Porto-Novo à Lomé en passant à Cotonou,
Ouidah et Anecho. A Porto-Novo les projections se déroulaient dans la
concession Apithy sise au boulevard lagunaire et à la place Bayol. A Cotonou,
dans le carré qui abrite aujourd’hui la buvette « La Gaieté »,
Boulevard Stenmeitz, et dans l’espace en face de Prénatal à Ganhi. A Ouidah,
son seul point de projection était l’hôtel Oiseau.
Progressivement,
Marcel Archambaut équipa Cotonou et Lomé de projecteurs 35mm, et devint ainsi
le premier et grand exploitant de cinéma jusqu’à l’arrivée de la
Compagnie Africaine Cinématographique Industrielle et Commerciale (Comacico)
fondée par le français Maurice Jacquin. Marcel Archambaut et Maurice Jacquin
se livrèrent une concurrence dans laquelle le premier perdit son plus grand
projectionniste et technicien, Achille Diogo au profit de la Comacico. Il rentra
en France. La Comacico qui couvrait 9 colonies françaises en Afrique de l’ouest
régna en maître absolu et incontournable jusqu’à la prise en charge par l’État
dahoméen du secteur cinématographique, le 26 Février 1974. Le patrimoine d’exploitation
pour l’ensemble du Dahomey était réduit à une salle à ciel ouvert à
Porto-Novo, et deux salles couvertes à Cotonou (Rex, Vog, Le Bénin).
Si
en trente ans environ d’exploitation, le Comacico, n’a laissé que trois
salles d’exploitation cinématographique, il ne fait aucun doute que les
autres maillons de l’industrie cinématographique n’ont jamais été
envisagés. Il a fallu, la vague des indépendances en 1960 pour que le ministre
français de la Coopération, prenne l’initiative en 1961 d’une action dans
le domaine des actualités filmées au regard des défis de développement
auxquels se trouvaient confrontés les jeunes États dont le Dahomey d’alors.
François
Sourou Okioh
Cinéaste
Indépendant.
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