Le
Sida en milieu scolaire
Entretien avec le Docteur Télesphore HOUANSOUResponsable
du volet VIH/SIDA du Projet Equipe
Propos
recueillis par Rock Akpoli
Aujourd’hui si un enseignant est malade, quels mécanismes avons-nous mis en place pour qu’il l’annonce à qui de droit ? Pour sa prise en charge ? Combien d’enseignants dans le système sont séropositifs ou malades de SIDA? C’est très important de connaître toutes ces données. Car, le VIH/SIDA risque de mettre à mal la qualité de l’enseignement dans notre pays, laquelle qualité est déjà éprouvée par la fermeture depuis plus d’une décennie des écoles normales des instituteurs. Imaginez que 5, 10, 15 ou 20% des rares enseignants qualifiés encore en fonction sont séropositifs ou malades de SIDA. C’est dire que le VIH/SIDA constitue une grosse menace pour la qualité de l’enseignement. Ceci d’autant plus que les enseignants contractuels qui sont recrutés pour remplacer progressivement les enseignants qualifiés sont de potentiels séropositifs voire malades de SIDA. Il faut donc mettre en place un système de gestion et d’information (SIG) pour que sur la base des informations collectées, le Ministère des Enseignements Primaire et Secondaire puisse pourvoir promptement aux postes vacants afin de garantir aux élèves un enseignement de qualité. Il s’agit là d’un défi dont le relèvement pose un problème de capacité économique et de choix des priorités pour mettre en place un contingent de réserves. Dans
ce contexte, est-ce qu’il faut exiger des jeunes enseignants des tests
de dépistage
? Dans le domaine de la santé publique et même selon le BIT (Bureau International du Travail), la réponse est Non ! Mais la question n’est pas évacuée dans le domaine de l’éducation, du moins au Ministère des Enseignements Primaire et Secondaire. Le faire est une discrimination dans l’emploi. Un séropositif ne doit-il pas postuler pour un poste d’enseignement ? Seule la politique de VIH/SIDA du MEPS qui sera élaborée à partir des éléments de politique déjà disponibles pourra apporter des réponses claires et précises à cette question ainsi qu’à beaucoup d’autres du genre. Suggérez-vous
d’intégrer le VIH/SIDA dans les modules de formation ? C’est
chose faite, le VIH/SIDA est déjà intégré dans les modules de
formation. Du CE1 au CM2, des aspects divers du SIDA sont abordés avec
les enfants à travers les différents champs de formation. Au cours des
enseignements ménagers, les tous petits enfants (de la maternelle, du CI
et du CP) sont sensibilisés
sur le risque du SIDA qu’ils courent en utilisant à plusieurs les mêmes
objets coupants ou piquants. Progressivement rentre dans leurs habitudes,
la notion “chacun avec sa lame, chacun avec son aiguille, chacun avec sa
paire de ciseaux etc ” C’est une bonne manière de lutter contre le
SIDA pour les enfants de ce niveau. C’est en oubliant ces aspects que
beaucoup de parents sont sceptiques ou même très réservés quant à
l’enseignement du VIH/SIDA au cours primaire. Ils pensent qu’on ne
saurait parler de VIH/SIDA en milieu scolaire sans parler du sexe ou de préservatif.
Ce qui n’est pas toujours vrai ! L’enseignement du VIH/SIDA est
et doit être intégré au programme d’étude mais cela doit être
stratifié (contenu adapté au niveau de développement de l’enfant).
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