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ÉVOLUTION POLITIQUE ET SOCIALE DE LA RÉPUBLIQUE DU BÉNIN : PROBLÈMES ET PERSPECTIVES

 « Lorsque nous sommes arrivés au pouvoir, le pays était au bord du gouffre ; depuis, nous avons fait un grand pas en avant ».

Daniel Etounga Manguelle[1].

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1 – Présentation

La République du Bénin est un couloir de transit entre le Nigeria (Pays le plus peuplé et le plus riche d’Afrique de l’Ouest, le Niger (le plus vaste dont le Bénin constitue une importante voie d’accès à la mer), le Burkina Faso dont la partie Est est est désenclavée par le Bénin, le Togo, petit couloir d’une cinquantaine de kilomètres au Sud qui sépare le Bénin du Ghana, et l’Océan Atlantique. Deux de ces pays sont anglophones et les deux autres francophones. Le Bénin est ainsi localisable dans la zone intertropicale, entre les parallèles 6°30' et 12°30' de latitude Nord et les méridiens 1° et 3°40' de longitude Est.

La superficie de la République du Bénin est de 114 763 km2. Son relief est marqué par la plaine côtière sablonneuse du Quaternaire, les plateaux sédimentaires du continent terminal, la pénéplaine cristalline du Précambrien et la laine du bassin versant du Niger. La végétation est échelonnée et se dégrade du Nord au Sud : Végétation dégradée au Sud (îlots forestiers, savanes arborées et arbustives, prairies aquatiques et mangrove), végétation des régions soudaniennes (savane arborée, forêts galerie). La majorité du pays comporte des sols à sesquioxyde, ferrugineux et ferralitiques. Le réseau hydrographique se répartit entre le système Nord avec le fleuve Niger comme défluent et le système Sud dont les eaux convergent vers le Golfe de Guinée. On assiste à de fortes pressions exercées sur le potentiel environnemental à travers les secteurs de l’agriculture, de l’élevage, de la pêche et de la foresterie, avec des répercussions aux plans écologique, économique et social.

Avec une population évaluée, en 1999, à plus de six millions d'habitants dont environ un million vit dans la capitale économique, Cotonou, le taux d’accroissement est de 3,2 %. Les deux cinquième de la population vivent en zone rurale. L’espérance de vie est de 54 ans. Le peuplement est constitué de groupes sociolinguistiques des sous-familles « gbe » et « ede » au Sud et de la sous-famille « gur » au Nord. Les langues les plus parlées sont le Fongbé, le Gengbé ou Mina, le Yoruba, le Baatonu, le Ditamari. La langue officielle est le Français. Langue du colonisateur, elle a la spécificité de ne correspondre au parler maternel d’aucun groupe socioculturel, mais qui est en passe de rassembler le plus grand nombre de locuteurs par rapport aux parlers locaux. Il convient de signaler que la très large majorité desdits locuteurs sont en situation de diglossie : en dehors du Français, ils s’expriment dans au moins une autre langue du Bénin.

Il est donc entendu que malgré sa relativement petite superficie, le Bénin est un territoire de diversités : diversité des cultures des hommes et des femmes qui le peuplent, diversité de la nature, et également diversité des possibilités de communication avec le monde. Toutes ces possibilités sont-elles exploitées judicieusement pour le plein épanouissement de cette population qui a doublé en trente ans ?

Si la diversité culturelle est actuellement utilisée par des politiciens comme argument électoral et attestée par des théories aussi rapides que surprenantes[2], prétendument sociologiques ou administratives, la plupart des Béninois s’accordent à reconnaître la nécessité de rendre plus fructueuses les diversités culturelles et naturelles pour une construction plus rationnelle de la Nation. Mais ceux qui investissent réellement une réflexion sur la question ne font pas légion. Or, aborder cette question, se demander comment exploiter rationnellement toutes les possibilités géographiques, économiques et culturelles du Bénin, c’est aborder la question du développement béninois. Tel devrait être au prime abord, la préoccupation de tout mouvement politique béninois qui vise à proposer un réel projet de société pour le gouvernement du Bénin.

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[1] Manguelle, Etounga Daniel, L’Afrique a-t-elle besoin d’un programme d’ajustement culturel ?, Ivry-Sur-Seine, Nouvelles du Sud, quatrième édition, 1991, 150 pages

[2] Voir Djankaki Claude, Le Bénin décentralisé, tome 2, Editeur inconnu, 2002. Voir aussi, Adjaho Richard, Décentralisation au Bénin, en Afrique et ailleurs, état sommaire et enjeux, Imprimerie COPEf, 2002.

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Révision : 15 février 2007 .