Démocratie et Administration

 

La démocratie du Bénin n’a été décidée que par une minorité de Béninois et en tant que telle, elle ne semble pas les concerner dans leur ensemble. Ainsi, tout projet de développement doit d’abord résoudre définitivement une série de questions, sans besoin de tripatouiller les conséquences: Que souhaite le peuple pour son auto épanouissement ? A-t-il les moyens d’y parvenir ? Comment, dans le cadre de l’Etat, la collectivité nationale, solidairement, peut soutenir ce projet ? Quelle part, la communauté locale est-elle prête à apporter ? Comment stocker les ressources pour anticiper les besoins futurs ?

Autrement dit, les plans de développement n’ont jamais eu aucun sens sans l’initiative locale. Nous parlons d’initiative et pas d’implication. Au contraire, c’est à l’Etat et à ses gouvernements, de s’impliquer dans toute la mesure du possible. Voilà pourquoi, toute stratégie politique ou sociale, à ce jour, au Bénin, n’a aucune chance d’aboutir si au préalable, la démocratie de proximité n’est pas instituée et appliquée systématiquement.

A l’heure actuelle, en fonction des observations sur l’histoire partisane récente de ce pays,  les formations politiques ne sont pas structurellement armées pour mener dans l’immédiat un tel projet qui présuppose une mobilisation de base, une incitation au débat citoyen, en dehors du champs électoral. Les formations politiques, trop régionales ou locales, ont le handicap de leur ancrage et de leur image de groupes électoraux. Ainsi, devant l’urgence de la situation, la question de la démocratie de proximité peut même servir de ligne politique, de programme électoral pour toute formation qui viserait un rayonnement national et des programmes de développement conséquents. En tout état de cause, un tel projet de société ne peut que se décliner dans tous les autres domaines de l’activité nationale et de la sécurité.

La démocratie de proximité suppose en effet que les élus représentent la population et non des groupes électoraux qui, d'une part sont minoritaires dans le pays et, d'autre part sont eux-mêmes asservis à quelques potentats de ces partis, que par rapport à des problèmes d’envergure, ces élus doivent recueillir l’avis de leur population dans une forme de concertation facile à organiser au plan local sans implication financière extérieure et sans les grosse machineries actuelles, sources de détournement et d’inefficacité. Lorsque le peuple se parle, les problèmes sont exposés et donc en partie résolus.

La démocratie de proximité comme projet de société ne se limite pas aux élections. Elle ne réduit pas le peuple en un bétail électoral. Elle suppose au contraire un avis permanent du peuple, instructeur et instruit sur toute l’activité nationale. Il ne s’agit pas d’organiser des référendums d’initiatives, comme le préconisent certains hommes politiques dans le système français à bout de souffle. Il s’agit au contraire que toutes les initiatives soient citoyennes et que le gouvernement soit au service de la collectivité, constamment, au sein de tous ses organes, sur la base d’une éthique générale visant : la consolidation de la démocratie, la déconcentration des services publics, la création de conditions favorables pour la prise de conscience par les populations de leurs droits et devoirs, le renforcement de la solidarité et de l'équité sociale, notamment entre hommes et femmes mais aussi entre les générations actuelles et à venir du point de vue de la gestion des ressources naturelles limitées. 

Cela signifie que tous les acteurs du développement doivent participer ensemble à l’élaboration des politiques, avec un seul objectif, répondre le plus simplement, et le plus efficacement aux problèmes quotidiens des citoyens. Mais cela nécessite aussi de faciliter une plus grande participation des usagers, des citoyens. C’est là, le gage à la fois d’une non confiscation et d’un plus grand respect de la parole, mais aussi d’une plus grande responsabilisation. Tous les lieux de vie, doivent être exploités pour faciliter cette participation, les personnes âgées, le malade dans l’hôpital, le citoyen dans sa commune, les locataires pour leur logement, les citoyens où qu’ils se trouvent sur le territoire national: au sud du pays, au nord du pays, à l’est ou à l’ouest ; les jeunes à l’école, dans leur quartier…

 

A suivre

 

Battre la campagne pour chasser les mythes !

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Révision : 15 février 2007 .